DAOUDA_

1. Toute société est construite, notamment, sur des valeurs, ou sur des croyances ou, sur des dogmes et sur leurs démembrements. De cette affirmation, il est à constater que la société sénégalaise est en partie construite autour des autorités morales et religieuses (AMR) ou avec elles, et nous portons un très grand respect à leur égard. Toutefois, point n’est besoin d’user ou, d’abuser de notre affection, ou de notre déférence ou, de notre foi élevée pour vouloir (inconsciemment sans doute), nous conditionner, ou nous aliéner, ou nous « marionnettiser ».

2. Ainsi, en quelque situation, ou circonstance les Chefs religieux devraient garder à l’esprit qu’ils ont des disciples, ou talibés, ou sympathisants, ou « sopés » dans l’APR de Macky Sall ; dans le REWMI d’Idrissa Seck ; dans le GP de Malick Gakou ; dans l’ACT d’Abdoul Mbaye ; dans le PDS d’Abdoulaye Wade, ou plus généralement, dans tout Parti politique légalement constitué ou, reconnu dans le pays.

3. Faut-il, encore, le rappeler, le président Macky Sall a été porté démocratiquement à tête du pays par les sénégalais pour travailler, résoudre nos problèmes ou, nos difficultés et, élever notre niveau de vie et surtout celui du pays. Et pour cela, nous avons mis à sa disposition, ou plutôt, il a mis à sa disposition pour le fonctionnement du Palais un budget mensuel d’au moins 5 milliards de nos francs, pour faire le job. Donc, contrairement à ce que pensent ou croient certaines AMR, ce n’est ni par bonté, ni par gentillesse, ni par générosité, qu’il construit, édifie, réfectionne, assainit, ou plus généralement réalise des travaux, à Touba, ou à Tivaouane, ou à Ndiassaane, ou à Cambérène ou, dans une autre ville religieuse du pays. Entendu ou compris ainsi, il ne fait que remplir (en bien ou en mal), les engagements pris devant tous les sénégalais.

4. Qu’il faille remercier le Chef de l’Etat, d’un fait ou d’un acte positif, même s’il y était tenu, bien évidemment, nous comprenons cela, par contre, faire son éloge ou, le magnifier sort de ce cadre. N’étant pas des citoyens ordinaires, ils devraient s’abstenir de s’immiscer ou, de se mêler de politique, et surtout éviter de prendre publiquement des positions en faveur de telle personne politique ou, de tel Parti politique.

5. De plus, le monde politique est aux antipodes de celui des religieux, puisqu’il est de critiques très souvent virulentes, de dénonciations à tort ou à raison, de contestations, quelques fois d’irrespects notoires et, surtout d’invectives, ce qui peut créer d’autres situations lorsque des AMR sont visées ou concernées. Ce qui peut conduire à des agitations, ou à une insécurité sociale voire sociétale, affectant la concorde nationale pourtant voulue, souhaitée, et recherchée par la plupart de nos compatriotes sénégalais.

6. Ainsi, en leur qualité de stabilisateur, de régulateur social, de rassembleur et, de recours en cas de difficultés, de troubles ou, d’instabilité dans le pays, leurs déclarations ou jugements doivent être équilibrés. Ou prononcés avec la plus grande neutralité (ni Parti politique, ni ami, ni camaraderie, ni toute autre considération).

7. L’autorité morale et religieuse en quelque occasion, doit, seulement, faire passer l’intérêt de la Nation, et ne pas manifester de quelque manière sa préférence politique, à l’égard d’un Groupement politique, au risque d’outrepasser sa mission, à notre très grand regret. D’où, au-delà de la recherche constante du seul intérêt national, la neutralité et l’impartialité doivent guider ses déclarations ou ses prises de parole, comme guide, ou référence.

8. Le rôle ou la mission d’une AMR dans le débat politique, de notre point de vue, devrait indéfectiblement suivre la doctrine qui était tracée, prônée, et appliquée humblement par un Saint homme au sens le plus noble et, le plus profond du mot. Indéniablement et, incontestablement un très grand personnage religieux, empreint d’humanité et de sagesse (Mame Abdou Aziz Sy « Dabaakh ». PSL). C’est dire, les autorités morales et religieuses doivent rester en dehors de la sphère politique, et distiller en toute équité, la bonne parole lorsqu’elle est nécessaire, notamment, pour l’unité, la paix sociale et, la stabilité du pays.

9. Pour paraphraser Corneille, je dirais si grands, si importants ou, si nécessaires, que soient les religieux dans la société, ils sont ce que nous sommes. Ils peuvent se tromper comme les autres hommes. A défaut de pouvoir s’abstenir de donner leurs opinions, ils doivent en pareille situation rester justes et objectifs. Par contre, nous sommes indéfiniment et, inconditionnellement demandeurs et, preneurs de leurs cultures, enseignements, instructions et éclairages religieux, comme beaucoup de nos concitoyens.

10. Mais enfin, notre gratitude est sans limite cependant, comme nos intérêts sont divergents ou peuvent être divergents, nous avons besoin de rester maître de notre capacité de jugement. Et surtout de conscience et de choix, pour décider sereinement et, librement en dehors de toute contingence extérieure. Car tout ordre ou, toute directive ou, toute incitation, même implicite, serait, fort peu, appréciée.

 

 

Daouda N’DIAYE

Juriste/Analyste politique

Article dédié à Ahmed DIOP

Ajouter un commentaire