OBAMALe président conseille à Donald Trump de « visiter » le nouvel édifice, qui raconte l’esclavage et la discrimination mais aussi les succès des Noirs américains.

George W. Bush avait signé en 2003 la loi créant le Musée national de l’Histoire et de la Culture Afro-Américaines, mais c’est au premier président noir du pays que revient le privilège de l’inaugurer ce samedi.
Outre Barack et Michelle Obama, les élus du Congrès et les juges de la Cour suprême, quelque 20.000 personnes sont attendues sur le Mall de Washington, la grande esplanade faisant face au Capitole, au nombre desquelles tout ce que le pays compte de célébrités noires. Oprah Winfrey, qui a donné 20 millions de dollars, a droit à une place d’honneur.
» Les espoirs déçus de la communauté noire, après huit ans de présidence Obama
Le bâtiment de six étages, dessiné par l’architecte britannique d’origine tanzanienne Davis Adjaye, se dresse comme une couronne de bronze face au Washington Monument (l’obélisque érigé en hommage au premier président des Etats-Unis), à l’endroit même où, il y a deux siècles, se tenait un marché aux esclaves. Son architecture inspirée des textiles d’Afrique de l’Ouest laisse passer la lumière et rougeoie au soleil couchant, créant une impression massive de l’extérieur et aérienne de l’intérieur.
«Ce n’est pas un musée du crime ou de la culpabilité» Lonnie Bunch, le directeur du musée
Il a fallu treize ans et 540 millions de dollars pour bâtir le dix-neuvième musée de la Smithsonian Institution et y rassembler plus de 35.000 témoignages de l’histoire des Afro-Américains, dont aucun aspect n’est occulté: ni la traite des esclaves, ni la ségrégation, ni la lutte pour les droits civiques, ni les réussites contemporaines, du sport au hip-hop et à la politique. La présidence de Barack Obama y est documentée dans l’un des 27 espaces d’exposition, non loin de la Cadillac de Chuck Berry ou des chaussures de piste de Jessie Owens.
Mais le visiteur est d’abord invité à passer devant les chaînes, les fouets, les huttes misérables des esclaves, les photos de dos lacérés ou de lynchages (3437 Noirs pendus entre 1882 et 1851), ou encore le cercueil d’Emmett Till, tué à l’âge de 14 ans dans le Mississippi pour avoir sifflé une femme blanche en 1955. «Ce n’est pas un musée du crime ou de la culpabilité, insiste son directeur, Lonnie Bunch, c’est un lieu qui raconte le voyage d’un peuple et l’histoire d’une nation. Il n’y a pas de réponses simples à des questions complexes».
Au moment où les marches de la communauté noire se répandent dans le pays pour protester contre les violences policières, le Musée de l’Histoire et de la Culture Afro-Américaine ouvre ses portes «comme un point de fierté pour la nation», dit Barack Obama. Dans une interview vendredi à la chaîne ABC, il a invité Donald Trump à le visiter.
Le candidat républicain à sa succession venait de déclarer que les Noirs vivaient aujourd’hui «dans les pires conditions qu’ils aient jamais connues». «Je crois qu’un enfant de 8 ans est au courant que l’esclavage n’était pas très bon pour les Noirs et que l’ère Jim Crow (les lois ségrégationnistes, Ndlr) n’était pas très bonne pour les Noirs», a rétorqué le président.

LEFIGARO

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