Plus de 200 personnes, dont des partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo, ont été « arbitrairement détenues et torturées » en Côte d’Ivoire, a affirmé vendredi Amnesty International, appelant le chef de l’Etat Alassane Ouattara à tenir ses promesses sur le respect des droits de l’Homme. « Plus de 200 personnes, dont des membres du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ancien président Laurent Gbagbo, ont été arbitrairement détenues et torturées et beaucoup croupissent toujours derrière les barreaux », affirme l’ONG dans un communiqué, au retour d’une mission d’un mois dans le pays.

« Nous avons pu rencontrer des dizaines de détenus qui nous on raconté comment ils avaient été torturés à l’électricité ou avaient subi des brûlures au plastique fondu, deux d’entre eux ont été victimes de sévices sexuels », déclare Gaëtan Mootoo, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty, cité dans le texte. « Certains ont été détenus pendant plusieurs mois sans pouvoir contacter leurs proches ni accéder à des avocats », ajoute-t-il.

Certains prisonniers placés dans « des lieux de détention non-reconnus comme tels à Abidjan » ont été remis en liberté « suite à des rançons versées à des membres de l’armée », rapporte l’organisation de défense des droits de l’Homme. « Bien que reconnaissant que le gouvernement ivoirien fait face à une vague d’attaques, nous craignons fortement que les arrestations et la répression en cours ne découlent d’une volonté de représailles et de vengeance », souligne Gaëtan Mootoo.

« Plus de dix-huit mois après l’arrestation de Laurent Gbagbo en avril 2011, il est grand temps pour le président Alassane Dramane Ouattara d’aller au-delà des promesses et de placer le respect des droits humains au sommet des priorités de son gouvernement », conclut-il.

Le régime ivoirien est confronté depuis août à une vague d’attaques armées, notamment à Abidjan, qui ont entraîné le plus grave regain de tension depuis la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011 ayant fait quelque 3.000 morts.
Ces attaques ont été attribuées par le pouvoir à des fidèles de l’ex-président, ce que l’opposition récuse, et suivies d’arrestations de figures du camp Gbagbo.

Lefigaro.fr

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