DAOUDA_

  1. Il est vraiment inadmissible, que des personnes soient, ainsi traitées, en Algérie ou, dans un autre pays. Ce pogrome est insupportable, et doit être vigoureusement condamné mais, il est de surcroît, affligeant parce que, comme simples citoyens, nous sommes incapables d’agir.
  1. La migration a, toujours, existé en Afrique, qu’elle soit interafricaine ou, vers l’Europe ou ailleurs. Toutefois, le problème de la migration en très grand nombre des populations africaines, issues du sud du Sahara est un phénomène nouveau. C’est pourquoi, elle devrait interpeler tous nos dirigeants. Mais hélas, beaucoup préfèrent ne pas comprendre et ne pas voir, ne pas savoir ou entendre, mais encore dans la plupart des cas, même informés, ils se murent, dans un silence très éloquent.
  1. Pourtant, les raisons, de cette récente forme de migration, trouvent ses causes, dans l’incapacité de nos dirigeants, à offrir aux personnes des possibilités de vie meilleure dans leurs propres pays. Puisqu’ils n’ont ni projet, ni vision, ni rien à les proposer, et comme remède aux maux que celles-ci rencontrent, en retour, ils les font sciemment rêver ou miroiter, pour mieux les endormir.
  1. Ainsi, au Sénégal, le président Macky Sall s’est-il posé la question de savoir pourquoi, les jeunes migrent en masse, dans des conditions souvent très difficiles, ou s’est-il réellement attaqué à ce mal qui pénalise, plombe et affecte notre jeunesse, depuis qu’il est aux affaires. Et, quelles actions concrètes ou, quelles sont ses solutions, pour résoudre la situation de la majorité des jeunes, au chômage, qui d’ailleurs ne cesse d’augmenter, année après année.
  1. A notre avis, la politique qui a trouvé grâce aux yeux du Chef de l’Etat, ou avec sa complicité, pour contenir ou distraire l’oisiveté ou la désoccupation des jeunes. C’est de les gaver ou de les submerger de programmes de lutte, de musique et de danse ou encore, d’abondantes niaiseries dans les télés.
  1. Il faut que jeunesse s’amuse. Nous sommes d’accord, que dans toute société, il doit y avoir des loisirs. Heureusement d’ailleurs, pour les faire oublier cette routine quotidienne d’inactivité. Malheureusement, selon nous, l’excès de loisirs, non conjugué ou, non articulé avec d’autres facteurs comme le travail, qui va contribuer à l’équilibre, à la stabilité, au bien-être. Ou encore, à l’intégration sociale de l’individu, finit, par devenir cette opium qui aveugle, enivre, abêtit, isole ou exclut.
  1. De plus, le fait de ne pouvoir ou, d’espérer pouvoir donner du sens à sa vie, dans quelque société pousse à « l’exode », à « l’exil », ou à l’éloignement de ses terres. Une telle situation peut quelque fois conduire à une révolte, à une révolution, ou à une insurrection. C’est pourquoi, Macky Sall et son gouvernement doivent garder à l’esprit, que des villes comme Pikine, Guédiawaye ou Thiaroye, pour ne citer que celles-là, sont présentement assises sur une poudrière en sommeil.
  1. Nos dirigeants, faute de pouvoir faire revenir, à la raison leurs homologues des pays qui traitent ainsi nos ressortissants, pourquoi, ne peuvent-ils brandir la menace du principe de réciprocité, pour les faire comprendre, qu’ils ont aussi des compatriotes chez nous.
  1. A titre d’exemple, en Algérie il y a un Etat, donc, le gouvernement algérien sera sensible à tout traitement humiliant, inhumain ou dégradant, réservé à ses ressortissants, dans quelque pays. Ce qui n’est pas le cas d’un pays comme la Libye, dans le chaos depuis fort longtemps, ou il n’y a plus d’Etat. D’où, la voyouterie, et le banditisme, institués et savamment entretenus, par des organisations purement criminelles, font nourrir ce capharnaüm, et in fine, tirer de substantiels profits de cette situation.

 

Daouda NDIAYE

Juriste/Analyste politique

Article dédié à Mame Yacine DIOP

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