MALICKReporter à la Rts, Malick Thiandoum se retrouve chef du desk sport à Sen Tv. Dans cet entretien accordé au journal LE PAYS, Malick Thiandoum raconte les 11 ans passés à la chaîne nationale et se dit prêt à relever les défis qui l’attendent à la télé du desk Sport de la télé du Groupe D-média. En outre, il analyse les grandes affiches de lutte pour la présente saison.

Vous êtes à la Sen Tv depuis quelques jours. Qu’est- ce que cela va changer ?  

Il y a eu un changement de service. Donc, quitter la Rts pour la Sen Tv doit forcément s’accompagner de quelques mesures et de quelques garanties aussi. Ce n’est pas le même travail exactement que je vais faire ici à la Sen Tv. D’abord, je suis promu chef du desk sport, donc à un niveau de responsabilité un peu plus élevé que celui de simple agent que j’occupais à la Rts. Et partant de là, il me faut définir en tout cas la grille des programmes sportifs au niveau de la télévision. Au-delà de la lutte, je vais faire tous les sports. C’est une nouvelle responsabilité. 

Allez-vous continuer à couvrir les retransmissions en direct des combats de lutte ?

Bien sûr ! Je crois que la principale mission de Malick est de relever ce défi en positionnant mieux la Sen Tv en ce qui concerne les retransmissions de combats de lutte. Il y a des promoteurs qui ont des contrats avec la Sen Tv dont Assane Ndiaye de «Baol Productions», «Aziz Productions» et Gaston. Je vais faire exactement ce que je faisais à la RTS en assurant la retransmission en direct des galas de lutte. Je vais animer une émission qui s’appelle « Grand combat». 

Vous n’aurez donc qu’une émission ?

Non ! Après cela il y a une autre émission. J’ai déposé le projet d’émission au niveau du directeur des programmes. C’est une émission qui va parler de tous les sports. « Sen sports»  sera un magazine de 90 minutes, prenant en compte l’actualité sportive nationale et internationale.  Donc, il y aura une émission que je vais co-animer avec une présentatrice. C’est un choix personnel. C’est pour innover un peu et apporter la touche féminine. On est en train de faire un casting pour trouver une fille qui a le profil de l’emploi. Elle ne sera pas forcément journaliste mais aura quand même «une belle gueule» et de réelles capacités d’adaptation. C’est comme ce qui s’est fait à Canal+ avec Miss France qui a intégré le Desk sport et qui aujourd’hui s’est bien adaptée. 

L’émission sera-t-elle hebdomadaire ?

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Oui. Malheureusement, on n’a pas choisi le jour. Mais de toute façon, ça va être une émission hebdomadaire. Une autre émission sera animée par Mamadou Mbaye, le fils d’El Hadji Bécaye Mbaye. Elle s’appelle «Yaw ak Mane». C’est un autre style d’opposition verbale entre deux protagonistes qui doivent en découdre. Il s’agit d’un nouveau concept qu’on a trouvé. Il y a Hippo Ngary et Ibou Ndiaye Niokhobaye qui vont animer «Gal-gal». Mais, ce que je vais faire n’a absolument rien à voir avec ce qu’ils font. Et, je ne vais pas forcément me coller à l’actualité forte du jour, parce que c’est ce qui se fait dans toutes les télévisions. Chaque télé a un jour pour une émission des combats du dimanche. Ce sont les mêmes choses qui se font partout. Puisque l’émission s’appelle «Grand combat», je vais me focaliser sur le grand combat qu’on va décortiquer, aller au fond des choses pour avoir une approche beaucoup plus technique. En plus, il y a d’autres rubriques qui ne sont pas liées aux affiches du jour. Comme celle que je vais appeler «Allô Ardo» qui va s’occuper surtout de la santé du lutteur. On va en permanence parler avec les spécialistes de la santé pour voir un certain nombre de problèmes liés à la santé du lutteur comme le dopage, la surcharge pondérale et autres.

Que pensez- vous des grandes affiches de cette saison ?

Ben, on va vers des combats qui seront âprement disputés, notamment Balla Gaye 2 contre Tapha Tine. Cela va être une opposition de styles. Tapha Tine, c’est la puissance à l’état pur. Il a pris du galon en améliorant sa technique de frappe. Sur ce plan, il a un avantage sur Balla Gaye 2. Mais en lutte pure, le fils de Double Less est avantagé.

Il y a aussi le combat Malick Niang contre Sa Thiès, deux garçons qui jusqu’ici n’ont pas connu de défaite. Ils totalisent le même nombre de combats et de victoires (9). Malick Niang est très fort en frappe. En 9 combats, il a eu 4 victoires par K.O. Mais il a en face de lui un garçon qui allie vivacité, rapidité et technique d’enchaînements. Sur ce plan, ça va être la même chose que pour leurs aînés : finesse technique contre puissance de frappe. Ce sera du 50/50.

Papa Sow et Baye Mandione vont vers un rude combat. Papa Sow est un lutteur explosif qui, à chaque fois, entre dans la garde de l’adversaire pour le frapper. Son adversaire est quelqu’un de bouillant. C’est un lutteur  fougueux à la force physique impressionnante. Papa Sow est sur une bonne lancée, alors que Baye Mandione doute depuis la défaite contre Gris Bordeaux. Mais c’est un sacré client.

Lac Rose-Modou Anta sera un combat technique. Ces deux garçons sont bien dotés techniquement, surtout Modou Anta. Je l’ai découvert quand il avait 16 ans. Il participait déjà au tournoi du chef de l’Etat à Ziguinchor. Aujourd’hui, il a beaucoup augmenté sa masse pondérale pour avoir de la puissance. Face à lui, Lac Rose, l’espoir de Fass, est un garçon pétri de qualités. Moustapha Guèye voit en Lac Rose un autre lui-même. La seule inquiétude, c’est le poids pris par Lac Rose, alors qu’il a besoin de faire bouger son adversaire pour le battre. Il faut veiller à cela au niveau de Fass. Avantage à Lac Rose s’il prépare bien ce combat. 

Juan et Bor Nar. Peut-on s’attendre à  un bon combat ?

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Juan-Boy Nar, c’est un combat qui va faire beaucoup rire. De toute façon, Juan est techniquement bien armé, mais il n’a pas encore rencontré un bagarreur. Juan ne cherche qu’à saisir son adversaire. Aux Iles Canaries, il est un champion, poids lourd, réputé. Boy Nar doit  le provoquer et attendre sa réaction. Sur les deux combats livrés par Juan, on ne peut juger de son aptitude à la bagarre. Il n’est jamais allé chez Ardo. 

Malick Thiandoum n’a-t-il pas pris de risque en quittant la RTS pour une télévision privée ?

Il faut parfois prendre des risques. Chaque homme est appelé à un moment ou un autre à prendre une décision qui peut influer sur sa vie professionnelle ou sa vie tout court. J’ai travaillé pendant une dizaine d’années à la RTS. J’ai côtoyé des professionnels qui m’ont aidé à progresser et atteindre ce niveau. Il est vrai que beaucoup n’ont pas compris mon départ qui a fait un grand bruit – au sein même de la RTS. Les agents ne voulaient pas que je parte, parce qu’ils savent ce que je représente dans la discipline que je gérais, la lutte. En 10 ans, je n’ai eu que des avancements automatiques. Je n’ai eu aucun avantage par rapport au volume de travail que j’abattais. Il n’y a pas eu d’incidences sur mon salaire, pas de reclassement, rien du tout. Il m’arrivait de prendre mon argent pour aller faire des reportages. Je me suis engagé totalement et je ne suis pas redevable à la boîte, à part que c’est elle qui m’a révélé. A un certain moment, il faut savoir prendre ses responsabilités. Je suis père de famille, et je dois penser à l’avenir de mes enfants. Bougane (Guèye Dani), depuis un an, me court derrière. Je lui avais dit que je ne pouvais pas partir parce que j’avais des engagements au niveau de la RTS. Babacar Diagne avait confiance en moi et je ne pouvais pas lâcher tant qu’il était là. J’animais aussi le magazine du Claf pour Gaston Mbengue et il était sous contrat avec la RTS. Je ne pouvais pas partir dans ces conditions. Quand Babacar est parti, Bougane est revenu à la charge. Il m’a fait des propositions qui m’agréent. Déjà c’est un contrat à durée indéterminée. Je suis le chef du desk Sports de la Sen Tv et je vais disposer d’un véhicule de fonction. Je ne vais pas étaler tout le contrat qui nous lie. Les conditions sont nettement meilleures que celles que j’avais à la RTS. 

Peut-on dire que votre départ est lié à celui de Babacar Diagne ?

Le départ de Babacar a précipité le mien. Quand il est parti, Bougane est revenu à la charge avec des propositions intéressantes. Il m’a aussi présenté un projet auquel j’adhère. C’est une télévision qui vient de démarrer mais qui est en train de se positionner dans le paysage audiovisuel sénégalais. L’ambition de Bougane, c’est d’avoir une grande maison de télévision. On va se battre avec le groupe que j’ai trouvé sur place, avec la petite expérience que j’ai, pour relever le défi.


 Le Pays au Quotidien

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