bleusDans un ouvrage réalisé par les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme, «Un président ne devrait pas dire ça… », François Hollande n’hésite pas à égratigner le monde du foot. Et plus particulièrement les internationaux français.

Des mots tranchants, vifs et qui laisseront forcément des traces. Dans ses entretiens avec nos confrères du Monde, relayés par le site Yahoo mardi soir, François Hollande évoque à plusieurs reprises l’état du football français. Et forcément, l’équipe de France, sa vitrine, est souvent au centre des discussions. Ce dernier déplore «une communautarisation, une segmentation, une ethnicisation» qui serait selon lui en action au sein des Bleus. Pour situer le contexte, ces propos ont été tenus deux années après le fiasco de Knysna en Afrique du Sud.
En juin 2012, juste après son élection, le chef de l’Etat suit le parcours chaotique de l’équipe de France, sous les ordres de Laurent Blanc, qui se fera sortir de l’Euro 2012 en quart de finale par l’Espagne. Et après l’image désastreuse renvoyée par les Bleus et notamment Samir Nasri, Hatem Ben Arfa, Jérémy Menez ou Yann M’Vila (ces quatre joueurs avaient été convoqués par la commission de discipline de la FFF, écopant de différentes suspensions pour leur comportement), le président aura ses mots : «Il n’y a pas d’attachement à cette équipe de France. Il y a les gars des cités, sans références, sans valeurs, partis trop tôt de la France.»

Le président propose de «la musculation de cerveau»

Outre les attitudes de certains internationaux, François Hollande, fan de football depuis toujours, porte un regard critique sur le niveau intellectuel des joueurs aujourd’hui. «On voit bien que sur l’expression, il y a une perte de niveau.» En cause, l’éducation donnée à ses hommes, qui rejoignent très tôt les centres de formation. «Ils sont passés de gosses mal éduqués à vedettes richissimes, sans préparation. Ils ne sont pas préparés psychologiquement à savoir ce qu’est le bien, le mal.» Et le premier supporter des Bleus d’avouer son intention d’opérer une refonte totale en matière de formation, sans en apporter de  propositions concrètes sur le sujet. «La Fédération, c’est pas tellement des entraînements qu’elle devrait organiser, ce sont des formations. C’est de la musculation de cerveau.»

Benzema n’est «moralement, pas un exemple»

Forcément, au cours de ses 61 entretiens avec les auteurs, François Hollande aborde le sujet Karim Benzema. Ce dernier, mis en examen dans l’affaire de la sextape, est redevenu «sélectionnable», comme l’a souligné Noël Le Graët dans nos colonnes jeudi dernier. L’ouvrage fait écho d’une remarque cinglante du président. «Moralement, ce n’est pas un exemple, Benzema.» Une phrase prononcée après la déclaration de ce dernier, juste avant l’Euro, qui accusait Didier Deschamps d’avoir «cédé à la pression d’une partie raciste de la France.» Autant dire que ces propos, incisifs à défaut d’être constructifs, devraient trouver écho dans les prochains jours, et même les prochaines heures.

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