Macky-Sall1On le dit souvent : « Le chemin de l’enfer est bordé de bonnes intentions » et « le diable se cache dans les détails ». Les valeureux danseurs de la Téranga en ont entendu d’autres et à l’envie, ils en sont fatigués. Et comme c’est au Sénégal que Sarkozy avait dit que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, on a entendu un Gaïndé : « en Afrique, il n’y a pas de politique, il n’y a que des mensonges. On est vraiment déçu. Mais on l’attend en 2019, il verra, ça c’est sûr ! »

Le projet de réforme constitutionnelle que demande le président sénégalais dans le référendum de ce 20 mars, sent le brûlé. Et cet évènement coïncide à la date de rigueur qu’a fixée l’opposition guinéenne au gouvernement pour baisser, de gré ou de force, le prix du carburant, alors que celui-ci est au bord de la banqueroute, ça sent aussi le brûlé… Les choses, on le voit bien, ne sont pas de même nature et qui veulent marcher ensemble.

A vrai dire, parmi les 15 points de ce projet de révision constitutionnelle, tous les 14 autres sont d’une clarté et d’un attrait de rêve. Même les plus pointilleux ne trouveraient aucun reproche. Seulement, parmi eux, il y a une seule graine d’arachide pourrie depuis le temps de Me Wade, le père de Dadis et de l’autre embastillé par la justice sénégalaise.

En effet, pour jouer au grand démocrate, le père Wade, après un premier mandat de 7 ans, s’est fait autotomie en réduisant son deuxième mandat à 5 ans. C’était l’air du temps de réduire les mandats présidentiels de 7 à 5 ans, mais en Guinée, on se rappelle qu’au lieu de maintenir le statu quo, le général Lansana Conté avait prolongé son quinquennat en septennat. L’appétit grandissait en mangeant, Wade trouva subitement un subterfuge pour soutenir que la limitation à deux mandats présidentiels ne s’appliquerait seulement qu’à compter de ce deuxième mandats écourté, hormis celui du premier septennat. Mais ça, c’était prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages et croire que la République de Doumbelane existait toujours, où Bouki-l’hyène faisait la pluie et le beau temps.

Les erreurs communes à Abdoulaye Wade et à Macky Sall : l’oubli et la désinvolture. La force impétueuse que le parti de Me Wade avait fait sortir dans la rue pour faire partir Serigne N’Diamala-la girafe, « le Sopi de l’an 2000 », était-il à eux, en propre ? Personne ne pouvait empêcher le père Wade, le PDS et leurs alliés de le croire fermement, d’où cette arrogance dans la gestionfamiliale et népotique du pouvoir. Le « ministre du ciel et de la terre » avait fait voir de quelques vilaines couleurs aux membres des partis alliés, qui avaient constitué la force du Sopi. Dans cette gestion chaotique du pouvoir, l’actuel président en avait fait les frais, si on ne se trompe pas, à la Bastille. Et comme la vengeance est un plat qui se mange froid, Karim Wade est également à la Bastille, où il aurait réçudes coups de godillot et même plaqué au sol, comme un talonneur, au rugby…Mais, lui aussi, tout en se revanchant de la gestion de l’autre, commet les mêmes bévues.

Et ce qui est rocambolesque et incroyable, c’est l’aveuglement qui l’a fait sauter Sall à pieds joints dans la même Chausse-trappe. Les choses sont si semblables qu’on se demanderait pourquoi le même atavisme épidémique prend-il ainsi les politiques sénégalais. Et si l’on devait assister, à chaque changement de gouvernance, à des règlements de compte comme ce qu’on n’a pas fini de voir depuis le début de ce millénaire, c’est le reflet de la mauvaise image de la démocratie sénégalaise.

Si le blason sénégalais terni par les couacs des 12 ans d’Abdoulaye Wade devrait encore être terni par les 7 ans de Macky Sall, cela rendrait les fous plus malades et les maladesplus fous.

Comme on le voit, toutes les bonnes intentions de ce projet de réforme constitutionnelle sont pour l’instant rejetées par une grande frange des Lions. Le désaveu se profile à l’horizon, ce 20 mars, une date à double signification pour Sénégalais et Guinéens. Macky Sall ne pourra plus faire marche-arrière, l’opposition guinéenne ne pourra plus se rétracter de son bras de fer projetté avec le pouvoir de Alpha Condé. Il y a de l’électricité dans l’air.

guineenews.org

Le titre est de la rédaction

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