hollandeAprès les violences de ces derniers jours en région parisienne, suite au viol présumé d’un jeune homme lors d’un contrôle policier, le 2 février dernier à Aulnay-sous-Bois, le président Hollande s’est rendu ce mardi 14 février 2017 à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Il s’est exprimé sur les suites de l’affaire Théo, alors que 25 personnes ont été interpellées dans la nuit autour de la capitale.

La casse dans les banlieues en réaction à l’affaire Théo, c’est inacceptable, considère François Hollande, qui prévient qu’il refusera « toutes les provocations ». « On ne peut pas accepter, à cause d’un drame que j’ai moi-même dénoncé, qu’il y ait de la casse », a souligné le président de la République lors d’une table ronde sur la Garantie jeune à Aubervilliers.

Car les appels au calme du ministre de l’Intérieur n’ont pas été entendus. Vingt-cinq personnes ont été interpellées dans la nuit en banlieue parisienne après de nouvelles violences. Douze arrestations ont eu lieu à Bondy et Epinay-sur-Seine, tout près d’Aulnay-sous-Bois, où l’arrestation de Théo avait eu lieu. Les personnes interpellées sont soupçonnées de jets de projectiles et d’engins incendiaires.

Selon le département de Seine-Saint-Denis, la tendance est à la baisse

Un peu plus à l’ouest, dans le département du Val-d’Oise, 11 autres personnes ont été arrêtées. Et dans les Yvelines, une cinquantaine de policiers ont été visés par des cocktails Molotov, alors qu’ils intervenaient sur des incendies de véhicules. Cinq voitures ont été brûlées la nuit dernière dans la seule commune sensible de Chanteloup-les-Vignes, où le portail du bureau de police a été enfoncé à l’aide d’une voiture-bélier.

D’autres incidents ont été recensés à Nanterre, à Asnières près de Paris, mais aussi à Clichy-sous-Bois, sans donner lieu à plus d’interpellations. La liste peut paraître longue, mais il s’agit d’incidents plus sporadiques que les nuits précédentes, ce qui fait dire au président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis ce mardi que la tendance est plutôt à la décrue.

« Les manquements doivent être clairement dénoncés et la justice saisie »

A Aubervilliers, François Hollande a été accueilli aux cris de « Police violeurs ! » et « Justice pour Théo ! » Il s’est dit conscient de venir en Seine-Saint-Denis « dans un moment particulier ». M. Hollande plaide le « respect » entre les citoyens d’un côté, la police et la justice de l’autre.

« Pas de vie en commun, s’il n’y a pas de respect », estime le chef de l’Etat, ajoutant : « Il faut que la justice passe. » « Le respect, c’est celui qui est dû à ces jeunes quand ils sont contrôlés, lorsqu’ils sont eux-mêmes confrontés à des situations de violence », estime le président. Et de conclure : « Quand il y a des manquements, ils doivent être clairement dénoncés et la justice saisie. »

« Vivre ensemble dans une société apaisée mais où le respect est la règle »

François Hollande a profité de l’occasion pour rendre hommage à nouveau au jeune Théo, un habitant noir d’Aulnay-sous-Bois victime d’un viol présumé lors d’une violente interpellation le 2 février dernier. Il a salué sa « lucidité » et sa « dignité », rappelant que le jeune homme avait lancé, lors d’une visite du chef de l’Etat à son chevet à l’hôpital la semaine dernière, un appel au calme et à la paix à l’adresse des habitants de quartiers populaires.

« Il est très important de montrer que nous sommes capables de vivre ensemble dans une société apaisée mais où le respect est la règle et où nous devons être fermes à l’égard de ceux qui s’éloignent de ce principe », a défendu François Hollande ce mardi. « Le respect, c’est aussi à l’égard des biens publics, de le propriété privée », « s’il y a en France le principe de la liberté de manifester, il n’y a pas l’autorisation de casser ».

Avec RFI

Ajouter un commentaire